III°/ Les empreintes digitales



3:Les empreintes digitales



                                                    



Une caractéristique propre à chacun


La peau recouvrant les doigts peut sembler lisse. Mais ce n'est pas le cas,en effet elle est parcourue de sillons et de crêtes qui dessinent des courbes. Ces formes linéaires sont appelées crêtes papillaires ou dermatoglyphes. Elles jouent un rôle bien précis car elles confèrent un pouvoir agrippant aux doigts. Dans le cas d'une enquête policière, elles peuvent permettre aussi d'identifier un coupable car elles sont propres à chacun. Ces lignes sont caractéristiques d'une personne, aucune chance de retrouver les mêmes chez un autre individu. 
Elles se forment très tôt, avant la naissance, au sixième mois de la vie fœtale, et ne disparaissent qu'après la mort. La croissance ne peut les modifier, elles sont donc des marques personnelles immuables. 
On comprend mieux, maintenant, pourquoi elles sont si utilisées pour identifier des criminels.

Une empreinte digitale ou dactylogramme est le résultat de l'apposition d'un doigt sur un support après encrage de celui-ci. Le dessin formé sur le support constitue une empreinte digitale.

Une trace digitale est le résultat d'un contact entre un doigt et un support.

Le procédé d'identification des individus par leurs empreintes digitales sans aide d'ordinateur s'appelle la dactyloscopie (du grec daktylos, « doigt », et scopie, « examen »). Le caractère quasi unique d'une empreinte digitale en fait un outil très utilisé pour l'identification des individus en médecine légale et pour la police scientifique.

 

 

Pourquoi utiliser les empreintes digitales ?


Un criminel qui ne porte pas de gants a beaucoup plus de chances d'être rapidement identifié et arrêté. Des traces de doigts qui sont laissées dans sur la scène d'un crime ou d'un délit, semblent anecdotiques, mais en réalité, elles peuvent vite devenir des indices d'identification certains.

Les empreintes digitales sont un outil d'identification rapide, fiable et moins honnéreux que certains autres. Elles permettent quatre types d'identification :  

-Identifier un individu (avec comparaison de ses empreintes avec la base de données). 

-Identifiier un suspect, avec la comparaison entre les empreintes prélevées sur les lieux du crime et celles de la base de données. 

-Mettre en cause un individu dans des crimes commis par le passé. 

-Prouver que plusieurs crimes ont été commis par une seule et même personne.

 

Un outil difficile à utiliser 


Pour identifier soit une victime soit un suspect , il suffit de comparer sa formule digitale à une base de données préexistante. Une formule digitale est la partie de l'empreinte où chaque petit détail, volutes, crêtes, cassures etc., des lignes est représentée. Il est alors possible de créer un catalogue avec toutes ces formules et ensuite de les comparer avec les nouvelles obtenues. 
En théorie, cette méthode semble infaillible, mais la réalité est toute autre… En effet, les traces recueillies lors d'une enquête sont souvent partielles, imprécises et difficiles à lire.

Elles ne sont donc pas toujours exploitables. Mais, combinées à d'autres méthodes d'identification, elles demeurent une technique indispensable.

 

Comment relever des traces digitales:

Sur un individu :

Pour pouvoir les utiliser et les comparer, il faut déjà les prélever. Chez un individu vivant, il suffit de de mettre le doigt sur un support encré de l'apposer sur une feuille. Sur un cadavre, il est recommandé de découper la zone de peau qui sera ensuite traitée pour obtenir un maximum de lignes, ou bien d'injecter de la paraffine chaude dans le doigt pour recréer son volume et procéder à un relevé classique.


Sur un support :

Pour relever les traces digitales directes, les dactylo-techniciens, spécialistes des relevés, photographient ces empreintes avec une échelle, puis les transfèrent sur un support en matière plastique souple, mis sous scellé et envoyé au laboratoire pour être analysé.

Pour relever les traces digitales, les dactylo-techniciens emploient le pinceau et une poudre très fine (céruse, alumine, oxyde de cuivre, poudre magnétique) et ce, depuis la création de la police scientifique. Différentes poudres sont à leur disposition :

-Poudre noire pour les surfaces blanches.

-Poudre blanche (à base d'aluminium) pour les surfaces lisses (bois, verre, mur, etc.)

-Poudre multicolore pour des fonds multicolores

Lorsque les poudres se révèlent inefficaces, on utilise des techniques alternatives :

-Pour les surfaces poreuses (papier, carton, kraft, etc...), la pièce est d'abord plongée dans un bain chimique, une solution appelée DFO (DéFérOxamine), puis envoyée dans une étuve pour le séchage. L'empreinte est alors révélée par une lumière ultraviolette spéciale.

-La ninhydrine permet également de révéler ce type d'empreintes qui apparaissent en pourpre et se révèlent souvent de meilleure qualité qu'avec la DFO.

-Pour les supports lisses type latex, on emploie une « technique de fumigation » : on fait chauffer la cyanoacrylate dans une enceinte contenant les pièces à analyser jusqu'à ce qu'elle se vaporise. Les vapeurs de cette colle se déposent alors sur les composants de l'empreinte : une belle trace blanche apparaît (sur les surfaces blanches, on utilise des colorants).

-Pour révéler les empreintes les plus ténues (comme sur les textiles ou certains papiers), on utilise le procédé de « métallisation sous vide » : on fixe l'objet dans un gros caisson métallique, dans lequel on crée un vide si poussé que les métaux (dor et zinc) placés à l'intérieur dans de petites coupelles se transforment en gaz. L'or se dépose sur l'objet tandis que le zinc se dépose entre les crêtes papillaires. Cette technique coûteuse est efficace sur tout type de support, à condition que l'objet ne soit pas trop volumineux ni compressible (comme le polystyrène, par exemple).

-Plus récemment, on utilise le « Crimescope » ou le « Polilight » : ces lasers lumineux émettent, par l’intermédiaire de fibres optiques, des longueurs d’onde allant de l’infrarouge à l’ultraviolet. Après obscurcissement de la pièce, les traces digitales sont éclairées dans cet intervalle du spectre électromagnétique, réfléchissent la lumière par le phénomène de luminescence et sont révélées (au même titre que les poils, fibres et minuscules résidus biologiques).



Applications civiles:

Les scanners d'empreintes, autrefois utilisés uniquement pour les systèmes de fermeture des énormes coffres bancaires, deviennent à présent des éléments de sécurité intégrés par exemple sur des ordinateurs portables ou des guichets automatiques.

Quelques exemples :

 

                                  


Certains ordinateurs sont pourvus de lecteurs d'empreintes, permettant d'éviter la saisie de mot de passe.

La Corée du Sud s'équipe de guichets automatiques pour délivrer des certificats administratifs dont l'authentification est basée sur la reconnaissance des empreintes digitales.

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